Maison du Coeur-de-Lion

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 Récits sur la Sorcière

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Eldren Lionheart
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Messages : 154
Date d'inscription : 17/03/2012

MessageSujet: Récits sur la Sorcière   Dim 3 Juin 2012 - 12:53

Citation :
"Vous n'avez pas à être là. Mon père vous avait certes autorisée à séjourner ici, mais mon père est mort, et mon frêre aussi, ce qui fait de moi la seule, et je dis bien la seule, qui soit à même de décider du séjour des étrangers dans le Domaine. Et j'exige votre départ, chienne Lionheart."

Morgane Castelrouge. Où était-donc la jeune femme un peu distraite, loin des considérations politiques, qui ne revaient que d'un atelier un peu plus grand et de rouages plus précis ? Maintenant, celle qui se dressait devait Elisabeth était une âme dure, encore vetue de noir, et qui sublimait sa peine dans sa haine pour les Lionheart, et si elle ne demandait pas, dans un sursaut de réalisme, la tête de ceux-ci, elle voulait les savoir le plus loin possible d'elle et de son Domaine.

Toutefois, Elisabeth Lionheart n'était pas là pour se faire dicter ses allées et venues : elle était là pour récuperer le Domaine Castelrouge. La première idée avait été de marier Corwin à Morgane, idée qui s'était revelée ne pas être la meilleure : alors, elle était revenu à des méthodes plus... Traditionnelles. Déjà une semaine qu'ils travaillaient, elle et Corwin, sur un rituel d'asservissement qui feraient des Lionheart les maitres des Castelrouge, de leur colérique Lady au plus bouseux de leurs paysans. Déjà une semaine, et le rituel aurait été pret dès le lendemain, si seulement cette garce de Morgane ne s'était pas mise martel en tête de devoir les chasser avant le coucher du soleil.

"Allons, Morgane, mon enfant, il n'est pas utile d'être si vindicative. Je ne comprend que trop bien votre tourment, et je...
-Cessez vos mensonges, sorcière. Je sais pourquoi vous vous attardez sur mes terres : vous et votre cabot manigancez des sortilèges impies.
-Enfin, calmez vous, Morgane.
-Et ne m'appelez pas Morgane, tempêta la jeune femme. Je ne suis pas une enfant que vous pourrez raisonner avec des bonbons : je suis Lady Castelrouge, seule maitresse de cet endroit.
-Lady Castelrouge, fit Elisabeth, je vous en conjure..."

Elisabeth se figea, et le sourire qu'elle continuait d'arborer jusque là s'effaça de ses lêvres pour laisser place à un faciès dur et froid : la jeune Castelrouge venait de dégainer une de ses créations, une sorte de petit pistolet qui tenait dans sa paume. Petit pistolet qu'elle braquait vers Elisabeth, sans trembler, avec l'assurance de ceux qui savent se servir de ce genre de choses et qui savent pourquoi ils s'en servent.

"Je veux que vous quittiez la région avant ce soir, Lady Lionheart, ou c'est votre tête que j'enverrais dès demain à votre cousin.
-Posez cette arme, dit Elisabeth d'un ton gelé comme le Norfendre. Ne faites pas quelque chose que vous pourriez regretter.
-Regretter ? Rassurez vous, votre mort ne me poserait aucun regret, répondit Morgane."

Un silence s'installa, les deux femmes se défiant du regard, immobiles, attendant que l'une des deux cèdent. Ce fut finalement Elisabeth qui reprit la parole.

"Très bien. Je partirais, dit-elle avec un sourire nouveau. Mais vous me laisserez tout de même la nuit pour préparer mes bagages et pouvoir partir demain à l'aube sans les désagrements d'une nuit la belle étoile, n'est-ce pas ?
-... Bien, répondit Morgane après une légère hésitation. Demain à l'aube. Pas une heure de plus.
-Evidemment."

La jeune Castelrouge finit par rengainer son arme dans un recoin caché de sa robe noire, et sortir d'un pas un peu raide, sans un mot de plus, de la chambre d'Elisabeth. Celle-ci, après un profond soupir, se dirigea vers la fenêtre, qui donnait sur la forêt, et, fermant les yeux, rentra en communication avec Corwin.

"Corwin ? Vous m'entendez ?
-Parfaitement, Madame.
-Bien. Morgane nous veut voir partis demain à l'aube.
-C'est un problème, Madame.
-Aucunement. Nous finalisons le rituel cette nuit : demain matin, cette petite conne nous suppliera de la pardonner, tout envoutée qu'elle sera."

...


En quelques heures, le lieu du rituel -un cellier vide dans la partie inférieure du manoir- et ses murs s'étaient recouverts de symboles, de runes, de bougies : autant de catalyseurs pour augmenter la portée du rituel, qui devaient recouvrir chaque âme vivante sur le Domaine Castelrouge. Le rituel allait demander toute la puissance conjuguée d'elle et de son non-moins puissant serviteur : aussi la présence de tant d'artifices était-elle nécessaire, bien qu'elle fut plutôt partisane de l'usage seul des mots de pouvoir. Alors que l'air commencait déjà à se charger de magie, elle fit un signe de tête à Corwin, qui vint se placer dans un cercle au sol, et elle rejoignit un cercle opposé, un peu plus loin. Ils avaient convenus que le rituel démarrerait dès le second coup de minuit : aucune symbolique particulière, il s'agissait juste de prendre un point de repère pratique, et il n'aurait jamais pu trouver le temps de finaliser les préparatifs une heure avant.

Le premier coup sonna, ainsi que le second, et les mots de pouvoir s'éleverent dans les airs, les runes gagnèrent en brillance et puissance progressivement tandis que mourrait le silence. Et d'un coup, la porte du cellier vola en éclats.

"Qu'est-ce que... ?"

Morgane Castelrouge fit irruption dans la pièce, balayant quelques bougies sur son passage, armée de deux pistolets dont l'aspect tout entier suggerait le danger et la mort, dont elle menaca Corwin et Elisabeth.

"Traitres, cracha Morgane d'un air dégouté. J'avais raison de ne pas vous faire confiance, et de barder le manoir de détecteurs magiques. Je vous avait laissé le choix de partir sans faire plus d'histoires, et non content de me mentir, vous profanez mon manoir de vos sacrilèges.
-Vous parlez trop, jeune sotte, fit Elisabeth."

Dans un enchainement quasi-simultané, Morgane dirigea ses deux armes sur Elisabeth et ouvrit le feu, tandis que celle-ci hurlait un mot de pouvoir, et que toutes les runes et symboles devenait completement fous. Elisabeth fut soudain entourées de flammes, et vit les balles se tordre, en même temps que la réalité toute entière autour d'elle. Seule restait en face d'elle la jeune Castelrouge, le visage déformé par la colère, et tout le reste disparaissait dans un tourbillon d'arcanes corrompus. Elle eut alors l'impression que son corps comme son esprit explosaient, dans un éclair fulgurant de douleur. L'instant suivant, elle perdait conscience.
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Eldren Lionheart
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MessageSujet: Re: Récits sur la Sorcière   Mar 3 Juil 2012 - 16:56

Citation :
« Le monde brûle. Ouvre les yeux sur la réalité, Sorcière Lionheart. 
-Non ! »

Elle ouvrit les yeux malgré les yeux malgré elle. Et, pour la pénultième fois, elle vit la réalité. La mort. Le feu. La douleur, la souffrance. Et par dessus tout, elle vit les Mots, en titanesques lettres de feu, qui lui vrillaient la rétine et l'esprit d'un mal sans commune mesure. Si elle commençait à s'insensibiliser a la vue des malheurs du monde, de cette réalité si cruelle, elle ne pouvait rien face aux Mots. Elle craignait le moment où, fatalement, ils se graveraient dans sa mémoire, et où elle ne pourrait s'y soustraire, même les yeux fermés...

« Le monde brûle. Accepte la réalité, Sorcière Lionheart !
-Non ! »

Elle vit alors le passé. Son passé. La silhouette de son frère Ivan, qui s'éloignait, l'abandonnant aux « bons soins de la Lumière ». Son enfance, triste, grise, solitaire, dans ce couvent de Lordaeron, les murs en pierre blanche, le parc silencieux... Une petite fille en robe de lin blanche joue en silence et sans enthousiasme. Y'avait-il quoique ce soit pour contenter une petite fille, dans un tel endroit de dévouement et de foi, certes, de compassion parfois, mais jamais d'affection pour la petite chose qu'elle était. Puis l'adolescence. Que faire d'autre, alors, que de rentrer dans les ordres ? Devenir prêtresse de la Lumière, non par réelle foi, mais parce que l'on ne connait que ça du monde. La discipline, la droiture, pour échapper à l'ennui et aux finesses d'un monde effrayant a force d'ignorance de celui-ci.

La petite fille triste devient jeune fille acharnée. Dans une bibliothèque, sa silhouette fine cachée sous une épaisse bure grise se fond dans le décor, tout à son étude, véritable fuite vers l'avant. Elle échange parfois quelques mots avec ses consœurs, qui ne recherchent pas vraiment sa compagnie, a elle qui ne sait même pas sourire, et l'appellent, dans son dos, « Sœur Sêche ». Pourtant, dans le silence de la nuit, Elisabeth pleure dans ses rêves. Elle rêve de son frère, rêve de son retour mais maudit son absence.

Premières années de prêche, la vie commence : pour la jeune femme, seule compte la Lumière, ou plutôt la discipline.

Et puis la guerre. Et le Fleau. Les images de massacre se succèdent devant elle. Lordaeron tombe sans qu'elle puisse vraiment faire grand chose, petite prêtresse qu'elle était... Mais la Croisade Ecarlate se lève, et voit en elle une âme de fer... jusqu'à la grande paranoïa. La discipline d'Elisabeth ne compense pas sa foi parfois un peu faible...

Nouvelle image. Un cave pourpre, sous le monastère écarlate. Une salle de torture. Elisabeth Lionheart est passée a la question, car soupçonnée d'hérésie et de traitrise fléautique, pour une « intonation trop peu fervente » durant un prêche. Durant des jours, elle avouera ses péchés sous les pointes, le métal et le feu. Son corps sera à jamais marqué... Et son âme aussi. Mais la Croisade a réussi son œuvre : Elisabeth est plus fervente que jamais.

Un an plus tard, elle est chargée d'une mission de nettoyage d'un village dans les Maleterres profondes. Elle et son escouade seront pris en embuscade par le Culte des Damnés, et les massacreront sans exception autre qu'Elisabeth et deux de ses compagnons. Elle les sacrifiera pour se sauver, mais, incapable de retourner avouer ses fautes aux hautes instances, fuira vers le Sud, pour Hurlevent.

La jeune fille acharnée est devenue une femme sans cœur.

« Le monde brûle. Comprend la réalité, Sorcière Lionheart ! 
-Non ! »

Les images s'accélèrent encore. Les « retrouvailles » avec son cousin Ethan, qui ressuscite le Clan par ses ambitions et son argent, ses péripéties en tant que prêtresse a Hurlevent... Son éloignement toujours plus grand pour la Lumière. Puis la mort d'une vocation déjà meurtrie. Elle lâche la tenue blanche, laisse sa « foi » au placard et s'intéresse aux Ombres. Les ombres qu'elle combattait, mais aussi des ombres dont elle n'avait jamais soupçonnés l'existence.

« Nous t'avons alors trouvé, Sorcière Lionheart. Et nous fait telle que tu devais être. Puissante, et à notre service.
-Non ! »

Elle manque alors de sombrer dans la folie, essaye de tuer son frère... Mais Festandilus, un mage Hurleventois, lui donne les moyens de se contenir. Elle rencontre aussi Corwin, qui l'aidera aussi à se maintenir dans la lucidité.

La femme sans cœur devient sorcière et s'adoucit un peu.

« Tu n'auras pas pu nous échapper : il fallait que tu nous reviennes.
-NON ! »

Castelrouge. Rituel raté... Et le néant.
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